Les fines herbes comme plantes de maison

Michel et Mariette Quenneville, producteurs en serre

Avec les années, les fines herbes se cultivent de plus en plus. Et nous pouvons prolonger le plaisir en continuant à en cultiver certaines à l’intérieur durant les mois froids de l’année!

Nous savons tous qu’elles rehaussent le goût des aliments et ont un effet « bon pour la santé », qui n’est pas à négliger.

Or, les horticultrices et les horticulteurs demandent souvent ce que l’on fait avec les fines herbes de notre jardin l’automne venu.

Certaines, comme les thyms, les menthes, l’oseille, l’origan, la livèche (céleri de montagne), l’estragon, les ciboulettes, les sauges, la mélisse, la lavande (dont il existe aussi des variétés non-vivaces) et la sarriette d’hiver, sont des plantes vivaces et peuvent rester en terre pour l’hiver.

D’autres, telles que les basilics, le fenouil, l’aneth (“dill”), la bourrache, la coriandre, la marjolaine, le romarin (vivace très tendre considérée comme une annuelle), la sarriette d’été (même goût que la sarriette vivace), les sauges fruitées (non-vivaces pour nos régions), sont des plantes annuelles, donc appelées à mourir en hiver si laissées à l’extérieur.

Et il y a le persil… Saviez-vous que c’est une bisannuelle? Si on le protège bien l’automne, ce dernier reviendra l’an prochain pour faire sa fleur jaune en début d’été et ses tiges deviendront ligneuses et pas très bonnes pour la cuisine! Un truc à essayer: Coupez en deux parties votre plant de persil lorsqu’il sort de terre au printemps. La division de ses racines l’empêchera de faire sa fleur et le forcera à pousser à nouveau avec ses tiges tendres que l’on connaît.

Donc, dans un même contenant que l’on prendra soin de drainer convenablement, on pourra placer plusieurs plants de fines herbes. Le tout, placé bien au soleil devant une fenêtre dans la maison, vous donnera un bel arrangement de plantes, lesquelles vous allez pouvoir utiliser en cuisine tout l’hiver. Les fines herbes fraîches ont beaucoup plus de saveur que celles qui sont séchées et vous en utiliserez beaucoup moins à la fois.

Dans votre contenant ou dans votre panier suspendu, vous pourriez mettre plusieurs variétés de fines herbes. La ciboulette régulière ou à l’ail s’y prête bien. Le persil s’accommode bien d’un contenant et en coupant souvent ses branches, vous en contrôlerez la grosseur. Les basilics – et il en existe de nombreuses variétés à saveurs distinctes – se plantent bien en pot et demandent un pinçage pour les garder plus courts et éviter la montée en fleurs. Ces bouts que l’on coupe, fleurs comprises, s’utilisent en cuisson et auront un goût plus marqué.

L’origan et la marjolaine (sorte d’origan annuel) vont bien en contenant. Lorsque placées sur le bord du contenant, ces fines herbes redescendront sur les côtés de celui-ci et feront bien comme ornement.

Une des bonnes plantes à rentrer est le romarin. Décrite dans les livres comme vivace tendre, elle se garde très bien à l’intérieur avec beaucoup de lumière et un arrosage profond une fois la terre très sèche seulement. Le romarin deviendra, avec le temps, un petit arbuste qui vivra de nombreuses années. Certains en font un bonzaï qui vivra des dizaines d’années Il en va de même du laurier-sauce (Laurus nobilis). La seule façon de le garder longtemps est de le faire hiverner à l’intérieur et de le garder très sec.

Quelques fines herbes difficiles à faire hiverner à l'intérieur: la coriandre, par exemple, sera retombante en pot et n’endurera jamais plus que quelques semaines dans la maison. L'aneth et le fenouil sont vraiment des plantes de pleine terre et de soleil. L'estragon deviendra dormant en hiver, ses parties supérieures mourront, ce qui n’est pas très joli. Il existe deux sortes d'estragon, toutes vivaces. L'estragon russe, dérivé de semences, n'a pas grand saveur et l'estragon français, qui doit être bouturé pour sa propagation, a cette saveur forte de réglisse que les gens adorent avec les œufs.

Certes, il existe d’autres sortes de fines herbes que vous pourrez utiliser en contenant et certaines non-mentionnées ici que vous cultivez à l’extérieur avec un certain succès. Faites vos expériences et vous serez surpris des résultats.

Nous aurons l’occasion de revenir aux fines herbes dans une prochaine chronique, sujet fort intéressant… et très savoureux.

2003-02-05